Christina Stassen

on Mar 01, 2016

J’ai fait appel deux fois à la Société de leucémie et lymphome du Canada dans le cadre du programme de soutien par jumelage Premier contact. Les entretiens se sont déroulés sensiblement de la même façon : j’ai discuté avec deux dames qui avaient terminé leur traitement et tâchaient tant bien que mal de reprendre la routine d’une personne bien portante. J’ai parlé à la première deux ou trois fois, et une seule fois à la deuxième. Ç’a été une expérience extraordinaire. Les deux intervenantes éprouvaient des difficultés auxquelles j’étais accoutumée, et elles m’ont posé des questions réfléchies.

Dans mon cas, il m’a fallu beaucoup de temps pour m’ajuster à une vie “normale” après ma maladie. Je me suis même demandé si j’allais un jour me sentir à nouveau “normale”. Je craignais sans cesse une rechute, une situation rendue encore plus pénible par l’absence de suivi hebdomadaire par un médecin. De plus, mis à part les ravages émotionnels de la maladie, la chimiothérapie m’avait vraiment affaiblie, et il m’a fallu du temps et de la patience pour reprendre des forces. Je me souviens que, dès que je me sentais mieux, je voulais retourner au gymnase, mais j’étais tellement découragée de constater ma perte musculaire et la transformation de mon corps. Mes poumons ont souffert d’un traitement de chimio et j’ai dû m’exercer pour réapprendre à respirer à fond.

Je m’épanche trop, mais je tenais à vous dire à quel point le programme Premier contact m’a aidée à accepter le diagnostic, à passer à travers le traitement et à devenir une survivante. Certaines questions des deux dames m’ont obligée à réfléchir à des choses auxquelles je ne m’étais jamais vraiment arrêtée.

Par exemple, à un certain moment l’an dernier – je ne sais pas exactement quand – j’ai changé ma perspective du cancer. J’ai cessé de voir le côté négatif de cette expérience et j’ai commencé à prendre conscience du fait qu’il s’agit d’un aspect positif de ce qui me définit comme personne. Pendant ma maladie, je ne pouvais penser à rien d’autre qu’à ma faiblesse, aux choses qui clochaient dans mon corps et qui m’avaient rendue malade. J’étais tracassée par le fait que c’était tombé sur moi, je cachais mon état de santé et je me mettais en colère contre ceux qui me traitaient toujours différemment des autres. Quand j’ai commencé à aller mieux, je ne voulais rien entendre à propos du cancer : je voulais uniquement me concentrer sur ma guérison, celle de mon corps et celle de mon esprit.

Je suis aujourd’hui une fière survivante. Je suis si heureuse de raconter mon histoire et d’être en mesure d’aider d’autres personnes à en venir à la même conclusion. J’ignorais que j’étais si forte jusqu’à ce que j’aie besoin de l’être et, maintenant, j’ai terminé un marathon! À bien y penser, je dois certaines de ces prises de conscience à toutes les merveilleuses personnes que j’ai rencontrées à l’occasion d’activités et de séminaires de la Société de leucémie et lymphome du Canada. C’est pour moi un privilège de courir et d’amasser des fonds avec l’équipe du programme Team In Training. J’adore aider les autres chaque fois que je le peux, et j’ai hâte que le cancer soit une chose du passé!

– Christina Stassen, survivante du lymphome de Hodgkin

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